Navette à hydrogène : une presque première

“La première navette à hydrogène de France…” La presse nantaise n’a pas tardé à nous faire part de cette nouvelle “première” nantaise. Il est vrai qu’à quelques mois des municipales, il convient de souligner combien Nantes innove et comment notre “belle et grande métropole” (comme aime le répéter Johanna Rolland) donne le bon exemple s’agissant du développement durable.

Hélas, la réalité est, à nouveau, est un peu moins brillante que celle qui nous est “vendue”. En effet cette navette à hydrogène n’est pas du tout une “première en France”. Il existe en effet une navette à hydrogène en circulation, depuis novembre 2017, dans le port de La Rochelle. Après les navettes autonomes (cf l’article de Nantes +), après cette navette à hydrogène, Presse-Océan et Ouest-France devraient bientôt nous apprendre, via un communiqué de Nantes Métropole, que Nantes vient d’inventer le fil à couper le beurre. Blanc naturellement.

Soyons sérieux. On ne peut bien sûr que se féliciter de voir Nantes, après d’autres métropoles, se soucier de mettre en place des transports moins polluants. Mais on peut légitimement s’interroger sur la qualité de l’information donnée quotidiennement aux Nantaises et aux Nantais. Une navette à hydrogène, c’est de la bombe, coco ! Personne, ni à Presse-Océan, ni à Ouest-France (quotidien de référence ?), n’a pris le temps de vérifier l’information donnée par le service communication de Nantes Métropole. On reprend donc, mot pour mot, les (bonnes] paroles d’élu(e)s, ravi(e)s de participer à cette “première en France”. Et on en rajoute, photos à l’appui, sur l’importance de cet événement.

Sauf que cette première n’en est pas vraiment une. Même s’il convient de souligner que cette nouvelle navette a été mise en service sur l’Erdre et que celle de La Rochelle, faisant la navette entre le vieux port et les Minimes, circule en eau salée ! Dans l’attente d’analyses plus précises sur la salinité de l’eau de l’Erdre, Nantes peut donc légitimement revendiquer la première “navette fluviale”. Subtil, non ? Reste juste à la presse locale de mettre un bémol à son concert de superlatifs… mais c’est un autre débat.

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