Toujours plus d’ateliers citoyens

La mode est à la consultation citoyenne. Non contente d’être élue, une équipe municipale se doit de consulter la population à tout propos ou presque. Par exemple, sur des lieux dont elle ne sait pas trop quoi faire et que des associations pourront prendre en charge à sa place.

“Les responsables du projet le développeront avec leur budget”, précisait la note de la mairie. Les anciens bains-douches qu’on pouvait imaginer regrouper des structures d’accueil pour celles et ceux qui ont vraiment besoin de bains-douches, un lieu regroupant des services sanitaires et sociaux… Pas de tout. Afin de lutter contre “la gentrification du quartier Champ de Mars-Olivettes” (ic),  on va y installer “une épicerie coopérative, une boutique de créateurs, un salon de thé, un institut bien-être alternatif…”  Pour d’anciens bains douches, ces citations valent leur pesant de savonnette.

Des consultations comme ça, on en redemande. Soyons sérieux, pas de consultation pour le YelloPark, le projet “qui-ne-coûte-pas-un-euro-d’argent-public” et dont les promoteurs s’impatientent, mais pour des espaces publics appelés à apporter cette touche désormais indispensable de nature en ville. Après les 15 lieux à “réinventer”, c’est la ville de demain qu’il faut co-construire. Alors, c’est une cascade de réunions publiques. Pour le quartier de la Petite-Hollande par exemple. On constitue des “ateliers citoyens” dont on précise que “les participants ont été sélectionnés sur des critères de genre, d’âge, d’usages et de lieu de résidence, en vue de constituer un panel composé d’une diversité de regards et de profils.” C’est du solide et du sérieux. Des “temps d’échanges” sont prévus en 2018 et 2019 sur un projet qui, au mieux, devrait voir le jour en… 2025.

Pas de consultations citoyennes, par contre sur le projet (bien ficelé celui-là) de construction universitaires rue de Bias : 4900 mètres carrés regroupant des espaces pédagogiques comme des amphis et des salles de cours, des lieux de vie étudiants et également des fonctions tertiaires comme la formation continue ou la direction de la recherche de l’Université. 200 personnels y travailleront et 840 étudiants pourront y être accueillis simultanément. Les riverains qui rêvaient d’un coin de nature en ville sur cet espace sont priés d’aller voir un peu plus loin. Quant aux personnes travaillant dans ce futur bâtiment et aux étudiants qui le fréquenteront, ils en seront pour leurs pieds. Car si, pour le secteur privé, l’urbanisme impose des places de parking, il n’en est pas de même pour les projets de Nantes Métropole.

Pour ce projet, la ville n’a pas consulté les riverains. elle les a simplement informés. Aux riverains qui s’inquiétaient de voir un nouvel équipement se construire sans la moindre place de stationnement, il fut répondu qu’il y avait “de nombreux parkings à proximité” et qu’il convenait d’anticiper “la disparition de la voiture en ville”. Fermez le ban.

 

Une pensée sur “Toujours plus d’ateliers citoyens”

  1. Les « consultations citoyennes » n’ont de sens qui s’il est possible de déterminer leur résultat. A quoi bon consulter quand on connaît la réponse d’avance ? A fortiori si cette réponse doit être celle dont on ne veut pas ! Dans le cas de la rue Bias, le résultat prévisible n’était que trop évident : des jardins plutôt que du béton. Donc, pas de consultation.

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