Un peu plus de transparence

Le Voyage à Nantes au secours du Carré Feydeau ? L’édition 2018 y installe en effet une… installation ! De quoi redonner un peu de vie à un espace quasiment à l’abandon. Personne n’y annonce plus l’arrivée de nouveaux commerces. Alors, on occupe l’espace comme on peut.

Il est vrai que, depuis 2013, Nantes ne sait plus quoi faire de ce fameux Carré Feydeau. La communication municipale, à l’époque, y annonçait pourtant un “nouveau poumon commercial”. Alors que les critiques se faisaient entendre sur la beauté architecturale de la chose, il a bientôt fallu se rendre à l’évidence : les “grandes enseignes” annoncées ne viendraient pas.

Il a fallu attendre septembre 2017 pour entendre Madame le maire déclarer : Le Carré Feydeau est une erreur… Quatre ans de réflexion pour un constat qu’avaient déjà fait nombre de Nantais.

Ça ne pouvait pas marcher à cause de la hauteur des loyers commerciaux… disait, à cette même époque, Madame le Maire.

Trop chers, les loyers ? Manifestement pas pour le Voyage à Nantes qui s’y installe cet été. Au-delà de l’intérêt artistique de l’installation en place, l’initiative soulève quelles quelques questions. Le propriétaire a-t-il offert cet espace au Voyage à Nantes ? A-t-il aussi payé la préparation de ce local ? Ou la facture sera-t-elle refilée (discrètement ?) aux contribuables nantais ? Alors que le Voyage à Nantes a connu, l’an dernier, quelques difficultés financières, un peu plus de transparence ne nuirait pas. Dans le cadre, bien entendu, d’une “nouvelle gouvernance” revendiquée.

Nantes est comblée par ses édiles !

Il est vrai que depuis les années trente, il y avait un peu de relâchement. Adolphe Moitié et Léopold Cassegrain n’avait pas vraiment eu de successeur à leur mesure. Il aura fallu attendre l’arrivée de Johanna Rolland pour enfin renouer avec cette spécialité nantaise : le comblement !

Combler la fontaine du square Fleuriot.

Un grand projet à la mesure des ambitions de notre Métropole hyper-tout (connectée, verte, cyclable, cultivée, etc.). Peut-être même que ce lieu Uniq[lo] sera intégré à une programmation culturelle prochaine ? Avouez que ce serait grave-décalé ! Mais revenons à notre ex-square. Je suis à 100 % d’accord avec vous tous, jusqu’à reprendre aussi ces éléments de langage finement ciselés par de brillants spin doctors : Nantes se réinvente aussi grâce à ces vrais projets urbains éco-responsables. Moins de magnolia en ville c’est aussi moins de rotations de camions pour transporter les feuilles tombées sur l’espace public, c’est plus de confort pour les occupants des hôtels du quartier qui pourront ouvrir les fenêtres de leurs chambres sans être gênés par ce bruit d’eau, et du même coup ne pas utiliser de climatisation.
Mais surtout, c’est l’ouverture d’une petite boutique à l’éthique écologique connue dans le monde entier. On ne se rend jamais assez compte des efforts permanents que vous faites tous pour que Nantes se réinvente en capitale verte. Plus eut été trop.

Victor Hublot

Nantes, toujours plus de mobilisation

Fin du suspens concernant les 15 lieux à “réinventer” : les résultats de la “votation populaire” sont tombés. La première surprise est le (très) faible taux de participation. Malgré un rappel quotidien sur les réseaux sociaux, les Nantais.e.s (comme il convient désormais de l’écrire) ne se sont pas bousculé.e.s pour donner leur avis.

Il faut dire que, lorsque le résultat ne semblait pas déjà acquis avant même le vote (un seul projet porté par une asso créée pour la circonstance), certaines propositions semblaient, pour le moins, farfelues. Qu’importe, il y a eu, par exemple, 1092 voix pour le projet retenu concernant la Galerie Dulcie. Un peu plus de 1000 voix pour une ville qui compte 310 000 habitants.

Ces résultats ont suffi toutefois pour que Madame le maire salue la forte mobilisation citoyenne et l’implication des habitants dans le devenir de leur ville. À lire la presse, une chose est sûre, l’opération de communication a parfaitement fonctionné puisque personne n’a eu le mauvais goût de relever que cette “mobilisation citoyenne” était tout simplement très… moyenne.

L’idée de faire appel aux habitants pour tenter de leur faire prendre en charge l’entretien et la gestion d’espaces dont on ne savait pas trop que faire était plutôt bonne. On pourrait même envisager d’aller plus loin dans cette démarche. Pourquoi pas, par exemple, une votation citoyenne pour l’aménagement d’un vaste “cani-site” place du Bouffay ? Compte tenu de la population canine autour du Carré Feydeau, n’est-il pas urgent d’aménager des lieux d’aisance pour nos amis à quatre pattes ? Le projet pourrait être “porté” par une asso qu’il devient urgent de créer…

Nantes toujours plus propre

Johanna nue

L’info serait (presque) passée inaperçue : Nantes disposera bientôt d’une “galerie zéro déchet” en centre-ville. L’initiative, portée par les Amis de la galerie, est l’une des 41 propositions retenues dans le cadre de la « votation populaire » concernant les 15 lieux à réinventer.

Comment tout d’abord ne pas se réjouir de voir (enfin ?) une galerie proposant régulièrement des expositions d’art remplacée par une déchetterie qui manquait dans le centre-ville. Ce lieu alternatif (sic) s’organisera autour d’espaces d’inspiration (re-sic). On y trouvera un salon, une cuisine… où chacun pourra venir vivre cette expérience (re-re-sic) de sensibilisation sur les questions environnementales (re-re-re…). Vivre donc ce « mode de vie zéro déchet » !

Si le projet, présenté comme tel, reste encore un peu flou, on peut d’ores et déjà faire preuve d’imagination et proposer aux promoteurs de ce projet d’aller plus loin. Pourquoi ne pas organiser, dans cette galerie Dulcie, un musée du Voyage à Nantes ? Que deviennent en effet, les œuvres d’art installées en ville durant l’été ? Sont-elles condamnées à disparaître ? N’auraient-elles pas leur place dans cette déchetterie nouvelle génération ? On attend des Amis de la galerie qu’ils prennent une initiative pour que les générations de demain ne manquent rien de ce qu’était la vie artistique à Nantes au début du XXIe siècle.

JC

Hennebique : laisse béton

Voyage à Nantes

En tirant un peu sur la corde, l’immeuble CAP 44 construit en 1895, a pu voir entrer dans le port de Nantes les derniers navires négriers, tant les commerçants nantais sont restés longtemps sourds aux lois sur l’abolition de l’esclavage.

 CAP 44 est cet immeuble, bardé de bleu, situé le long de la Loire, au bas de la butte Sainte-Anne, en face de la carrière Miséry, lieu d’accueil du futur « arbre aux hérons », le nouveau Parc d’attractions des créateurs de l’éléphant. 

Qualifié de verrue dans la presse et sur les réseaux sociaux, CAP 44 fait aujourd’hui l’objet d’une campagne de dénigrement incroyablement subjective. L’immeuble n’est pas beau, lit on un peu partout. Il est vrai que sa rénovation dans les années 70 n’a pas été très heureuse, masquant l’élégance de sa conception.

Mais est-ce là le vrai problème ? La cité radieuse de Le Corbusier, est-elle si harmonieuse que cela, dans ses proportions, dans la couleur de sa façade, par sa massivité ? 

Non, le handicap de CAP 44 est ailleurs: son maintien ne permettrait pas de profiter d’une vue imprenable sur la Loire depuis la carrière Misery Pire encore: la transformation de son dernier étage en belvédère pourrait contrarier l’exploitation de « l’arbre aux hérons »

Alors maintien ou démolition ? Le sort de CAP 44 a fait l’objet d’une consultation démocratique sur Internet (!), consultation dont le résultat devrait être connu sous peu.

Nantes plus (+) s’émeut de la désaffection entourant cet élément du patrimoine mondial et se demande si les nantaises et les nantais n’auraient pas besoin d’un peu plus (+) d’informations.

Ancien moulin industriel, édifié donc en 1895, CAP 44 est le premier bâtiment industriel au monde, construit en béton armé, selon le procédé « révolutionnaire » de François Hennebique, L’immeuble a été bâti non par assemblage mais de manière monolithique, sans joints. Sa structure, d’une grande finesse, est capable de porter des charges importantes. Il est unique. 

François Hennebique est l’inventeur des poutrelles en béton. Maçon devenu ingénieur inspiré, il a déposé de nombreux brevets, conçu des ponts, des châteaux d’eau et des bâtiments publics. Son œuvre est un témoignage précieux de l’époque du développement du béton, dès 1850.

En France et en Belgique, subsistent encore des édifices… Tous classés. 

À Nantes, ne pourrait-on pas faire preuve à l’égard de ce patrimoine mondial de beaucoup plus (+) de respect et de modestie ? Qui sommes-nous, pauvres nantaises et nantais pour décider du beau et du bon gout architectural des prochains siècles ? Et aussi se poser les bonnes questions. « L’arbre aux hérons » sera-t-il encore présent dans 125 ans ? 

Aphrodite Duras

Toutes les villes se transforment, Nantes plus

Nantes Plus aime les pelles

Dans un sens c’est bien, mais dans quel sens ? Le bon sens n’existant pas, il faut des repères, alors les villes consultent les citoyennes et les citoyens (ici, les Nantaises et les Nantais).

Et que demande la Ville aux citoyens ? Auriez-vous des idées ? Mais au fait, de quel appel à projets sort cette idée de parc d’attraction jaune ? Et qui a eu l’idée de faire parcourir 700 m (à vol d’oiseau) au CHU pour probablement bien plus d’un milliard d’euros ? De quel consultation est née l’idée de raser un bâtiment historique parce qu’il gêne ?

Quoi qu’il en soit, nous aussi, à Nantes plus, nous allons lancer une pelle à projets. La pelle à projets qui permettra de creuser + (plus) d’idées.

Nantes plus est là pour voir s’il n’y a pas mieux à faire. Pour se demander, par exemple, si un arbre aux hérons vaut mieux que plein d’arbustes aux mésanges. Ou s’il ne faudrait pas raser le château des ducs de Bretagne, car on verrait mieux la cathédrale depuis le miroir d’eau.

Nous sommes d’accord avec Madame Rolland et son équipe, il faut raser + (plus).

Toujours plus de projets

« Dessine-moi Nantes » : c’est l’opération lancée par la Ville pour « 15 lieux à réinventer ». Si on en croit la communication municipale, pas moins de 585 contributions étayées et motivées ont été présentées.

Sur l’ensemble de ces projets, 41 dossiers ont été jugés recevables. Et dignes d’être présentés à une “votation citoyenne”. Quant on connaît le sort réservé à la dernière “votation” en date (le projet d’aéroport à NDDL), on peut rester perplexe.

Il n’en reste pas moins que pour réinventer ces dix espaces verts et cinq bâtiments, les idées n’ont pas manqué. Beaucoup de propositions pour les anciens bains douches de Baco, l’ancienne Cocotte en verre de l’Île de Versailles ou encore la galerie Dulcie de l’ancienne École des beaux-arts. On se bouscule moins pour aménager les berges de la Sèvre ou celui du Cens du côté du Breil.

Quelques idées retiennent toutefois l’attention. Comme celle de développer un concept de galerie-laverie-café dans la galerie Dulcie. Ou encore celle de créer une champignonnière dans l’ancienne chapelle du Martray. La forte inertie thermique du bâtiment serait idéale, précise le dossier, pour la culture des pleurotes ! A l’heure où le Canada vient d’autoriser la culture du cannabis, personne n’a osé proposer de projet plus… fumant. Comme on dit à la Ville, “ensemble, nous sommes plus intelligents”.  Une fois le verdict de la “votation” rendu, il n’y aura plus qu’à passer à l’acte. Avec, on suppose, toujours plus (+) d’énergie.

Julien Craque

Plus de rebond pour Nantes et la Métropole

Des ailes pour l'ouest avec Johanna

Lorsqu’on tombe, l’essentiel est de rebondir. La Ville de Nantes et les autres collectivités territoriales ont mis un peu de temps à se remettre de l’abandon du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes. L’atterrissage a été brutal mais il est important de penser à l’avenir. D’où l’intérêt d’organiser des « ateliers du Rebond ».

Le 11 juin, un bilan a donc été dressé, avec les responsables des activités économiques, touristiques, de l’enseignement…, un bilan des réflexions engagées depuis janvier. Conclusion : tout le monde est mobilisé pour que « Nantes ait demain des infrastructures à la hauteur d’une métropole internationale ». Après cette déclaration d’intention, on n’attend + (plus) qu’un peu + (plus) d’action.

Afin d’affirmer « la dimension internationale de la plateforme Nantes Atlantique », on parle de développer des nouvelles lignes avec « les grandes métropoles européennes », d’une aérogare innovante, « première vitrine du territoire », d’accessibilité du territoire avec de nouvelles liaisons ferroviaires et d’aménagement du périphérique… et même de faire de la métropole « un territoire de solutions aux transitions ».

Étrangement, le label Grand Ouest a disparu. Plus question de Rennes (et de son aéroport) et pas davantage d’Angers. Puisqu’il s’agit, si on comprend bien, de faire décoller Nantes, ne pouvait-on pas voir un peu + (plus) loin ? Fallait-il se réunir solennellement, le 11 juin, pour dire que l’aérogare de Nantes Atlantique est indigne d’une grande métropole ?

Avec l’abandon du projet NDDL, les élus ont visiblement connu un trou d’air. Il convient de reprendre rapidement un peu d’altitude. Or, force est de constater qu’on attend toujours le fameux rebond. Dans l’immédiat, le 12 juin, est tombé un communiqué langue de bois se déchargeant de toute responsabilité quant à la situation actuelle (y compris celle des installation aéroportuaires) sur l’État.

Plus (+) aurait été mieux. Moins aurait été rien (0).

Julien Craque

Plus d’ambition pour le FCN

La Beaujoire aux pigeons

Alors que la presse est invitée à assurer le service après-vente du YelloPark, il paraît sage d’élever le débat, ou plutôt d’essayer tant les arguments, tout en nuances, des uns et des autres semblent irréconciliables. Les partisans d’un nouveau stade (encouragée par l’équipe municipale…) estiment que le prix de cession des 23 hectares est  « raisonnable » quand les adversaires s’étranglent et crient à la braderie.

Pascal Bolo, adjoint nantais aux sports de haut niveau, a laissé entendre que Waldemar Kita a tellement donné au FCN qu’il paraît raisonnable de ne pas s’opposer à son projet. Outre que le bilan sportif n’est pas très glorieux, il n’est pas inutile de rappeler que le projet de YelloPark n’est pas lié au club de foot lui-même mais à une holding, domiciliée à l’étranger, comme l’a révélé une enquête de Médiacités. Mais passons…

Reste que le prix, ramené au mètre carré, se situerait à 346 euros quand le prix moyen, du côté de la Beaujoire, avoisinerait les 550 euros. Quand on sait qu’à la revente, ce prix passe à… 4 000 euros minimum, on comprend que la construction d’une tour fasse rêver… les promoteurs. Il est vrai que la destruction du stade actuel est, à elle seule, évaluée à une quinzaine de millions et que, pour construire, il faut faire table rase du passé.

Il est donc prévu de détruire le stade dessiné par Berdje Agopyan et inauguré en 1984. Trop vieux le stade Louis Fonteneau ? Le Parc des Princes, lui, date de 1967 et fait toujours l’affaire du PSG. Mais, à Nantes (et on ne s’en plaindra pas !), on a PLUS (+) d’ambition que le modeste club de la Capitale.

Julien Craque

Toujours + (plus) de Rennais

Angers Nantes Opéra

Après le rapprochement (au siècle dernier !) entre Nantes et Angers avec la création de Nantes Angers Opéra, une nouvelle étape était annoncée : Rennes, Nantes et Angers chanteraient bientôt d’une même voix.

À l’occasion du départ du directeur nantais, Jean-Paul Davois, Angers Nantes Opéra choisissait donc Alain Surrans, directeur de l’Opéra de Rennes, pour diriger la maison. On pouvait penser que les trois villes allaient désormais prendre la même direction mais l’Opéra de Rennes s’empressait d’embaucher non pas un administrateur mais un directeur. L’adjoint rennais à la culture indiquait que Rennes veillerait à son indépendance. Et on peut faire confiance à son nouveau directeur, Matthieu Rietzler, pour ne pas être qu’un simple figurant. L’avenir nous dira si la fusion annoncée d’Angers Nantes Opéra et de l’Opéra de Rennes n’était qu’un solo de flûte passager…

Une chose est sûre : c’est désormais à Rennes que la ville de Nantes va chercher les talents dont elle a besoin. Alain Surrans n’est en effet pas le premier à avoir été recruté. Avant lui, Helga Sobota, directrice de la Culture à Rennes, avait été appelée, en 2015, pour « mettre un peu d’ordre » dans les affaires nantaises. Et après elle, c’est Xavier Crouan, ancien directeur de la communication du conseil régional de Bretagne, qui se voyait chargé de reprendre en main « l’information et la relation au citoyen » de Nantes et de Nantes métropole en juillet 2016.

Nathalie Appéré et Johanna Rolland, maires de Rennes et de Nantes, sont officiellement les meilleures amies du monde. Reste que si Nantes recrute à Rennes, l’inverse n’est pas vrai.

Jules Verbe