Toujours plus de promesses. Foncièrement payant ?

Depuis quelques mois déjà, une pluie de promesses ferait presque oublier la sécheresse de ces dernières années de mandat. Les prochaines élections municipales auraient pu nous valoir quelques engagements originaux et novateurs. On se contentera des bonnes vielles recettes qui annoncent, à qui veut y croire, qu’on rasera gratis à partir de 2020.

Johanna Rolland avait pris tout le monde de court en annonçant la gratuité des transports, le week-end, si les électeurs avaient la bonne idée de voter pour elle. On suppose que Pascal Bolo, adjoint aux finances et président de la Semitan, avait été prévenu. En lançant la campagne #JR2020(*), la maire de Nantes a également promis qu’elle n’augmenterait pas les impôts. Quel contribuable, ayant reçu ses avis d’imposition cet automne, n’aurait pas envie d’y croire ? Mais qui, en réalité, peut encore croire à ce type de promesse ?

Il est des classements dont, curieusement, Johanna Rolland ne se vante pas. Pourtant Nantes est bel et bien sur le podium des villes dont les impôts ont le plus augmenté ces dix dernières années. Comme Anne Hidalgo, Johanna Rolland promet une pause fiscale. Il est vrai qu’à Paris, les impôts fonciers ont augmenté de… 80,9 % entre 2008 et 2018 et de 54,9 % à Nantes. Une performance qui place la Ville en 3e position, derrière Argenteuil, dans ce palmarès national. Rennes (41,4 %), Angers (36,8%), Bordeaux (29,3) ou Brest (23,8 %) sont loin derrière. Ce qui n’empêche pas la candidate sortante de revendiquer un bilan exemplaire.

Ce classement a été établi, très officiellement, par une étude de l’UNPI (union nationale des propriétaires immobiliers) qui note, curieusement, un “ralentissement” de la tendance en 2019 : entre 2018 et 2019, la hausse a été limitée à 1,90% dans les 50 plus grandes villes de France. Notons que cette augmentation de 1,90% reste toutefois supérieure à l’inflation (1,1%) enregistrée en 2018. Nantes s’inscrit naturellement dans ce mouvement conjoncturel : il convient de ne pas affoler le contribuable/électeur à quelques mois d’un scrutin municipal.

Concernant la taxe d’habitation, théoriquement appelée à disparaître, Nantes, avec un taux de 34,18 %, se classe au 9e rang au plan national. Derrière Lille, sur la première marche du podium, ou Rennes au 5e rang. À Nantes, comme ailleurs, les taux n’ont pas bougé depuis 2017. On peut donc y afficher fièrement 0% d’augmentation en 2018, tout comme à Rezé ou Saint-Herblain. Et, promis, ce sera encore mieux à partir de 2020. Il reste que promettre de raser gratis, à partir de l’an prochain, pourrait valoir à Johanna Rolland un procès en concurrence déloyale de la part d’une profession spécialisée dans l’entretien de notre système pileux.

Julien Craque

(*) le hashtag JR2020 est (encore) en mal de notoriété : sur Google, JR2020 est associé à du matériel de fixation pour les sports de glisse (ski, snowboard…) On suppose que le brainstorming ayant abouti à ce choix de JR2020 voulait anticiper tout risque de dérapage intempestif ou de sortie de piste.

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